Lourdes Picareta : « Quels bouleversements en Tunisie ? »
02 octobre
Oui, des bouleversements, il y en a eu : les journalistes sont libres de poser leurs pieds de caméra et de faire leur travail de reporters. C’est l’un des grands acquis de la Révolution du Jasmin. Les gens peuvent à présent se rassembler librement et discuter de politique sur la voie publique. Avant, c’était impossible. Même en privé, il fallait d’abord mettre la musique à fond pour parler politique.
Quels espoirs peut apporter cette révolution ? Quels en sont les dangers ? Que l’on se projette prudemment ou que l’on ait peur, l’espoir de démocratie est bien ancré ; nombreux sont ceux qui craignent que les élections ne se déroulent dans un bain de sang, ils ont peur que les gens ne se fassent manipuler. Ils ne croient pas vraiment en une menace islamiste. Une grande majorité de femmes sortent voilées, aussi à Tunis ; mais les gens ici considèrent cela davantage comme une mode qu’une réaction à une pression religieuse qui dure depuis des années. Ils n’y voient pas le signe d’une conviction religieuse. Certains en revanche sentent peser la menace d’une contre révolution ; avec le danger que la rédaction d’une nouvelle constitution ne voie jamais le jour.
Lourdes Picareta vient du Portugal et a fait ses études de philologie allemande et d’histoire en Allemagne. Depuis 1983 elle travaille à la pige pour le SWR, une chaîne de télévision allemande. Elle est mère de deux garçons et est de nationalité portugaise-grec, car elle a épousé un homme grec. Les deux ont choisi l’Allemagne comme pays d’adoption.
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