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	<title>Le monde arabe en révolution &#187; Sur les murs de Syrie &#8211; Blog</title>
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		<title>Rima Marrouch : « En lutte pour construire une nouvelle Syrie »</title>
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		<pubDate>Fri, 30 Nov 2012 10:06:56 +0000</pubDate>
		<dc:creator>st-multimedia</dc:creator>
				<category><![CDATA[Sur les murs de Syrie - Blog]]></category>
		<category><![CDATA[Syrie]]></category>
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		<description><![CDATA[BLOG &#8211; Cela fait  des mois que des pans entiers de territoire échappent au contrôle du gouvernement. Mais dans ces zones libérées, les Syriens n’échappent pas pour autant au manque cruel de produits de base, alors qu’ils continuent d’être la cible des bombardements menés par les forces du gouvernement. S’ils se sont affranchis de la [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><strong>BLOG &#8211; Cela fait  des mois que des pans entiers de territoire échappent au contrôle du gouvernement. Mais dans ces zones libérées, les Syriens n’échappent pas pour autant au manque cruel de produits de base, alors qu’ils continuent d’être la cible des bombardements menés par les forces du gouvernement. S’ils se sont affranchis de la tutelle du régime, ils sont encore et toujours frappés par la dure réalité de la guerre.<span id="more-24059"></span></strong></p>
<p>Kafranbel, dans le nord du pays, est le théâtre d’une fuite massive au quotidien. Tous les matins, ses habitants désertent la ville pour revenir à la tombée de la nuit, une fois que les raids aériens ont cessé. Le Dr Mohammad reste aux côtés des blessés : chaque jour, il est amené à pratiquer entre 4 et 8 interventions chirurgicales ; chaque jour il assiste aussi à l’admission d’une cinquantaine de blessés. Avant, ce petit hôpital de campagne enregistrait peu de cas de blessures graves, et rares étaient les complications. Aujourd’hui, c’est dans des circonstances autrement plus dramatiques que le Dr Mohammad doit affronter des soins liés à la chirurgie de guerre. Sans équipement élémentaire, et sans médicaments.<br /><em>« Un jour, j’ai même dû envoyer un patient en Turquie, parce que j’étais à court de methylprednisolone, un médicament qu’on administre aux patients atteints à la colonne vertébrale », </em> dit-il. Certes, Kafranbel s’est fait un nom en Syrie grâce à ses slogans et ses banderoles satiriques, mais en plein siège, même l’humour n’offre plus qu’un refuge provisoire.</p>
<p><a href="http://monde-arabe.arte.tv/wp-content/uploads/mur_page.jpg"><img class="alignnone size-full wp-image-24027" title="mur_page" src="http://monde-arabe.arte.tv/wp-content/uploads/mur_page.jpg" alt="" width="600" height="337" /></a></p>
<p><em>Les graffitis signifient &laquo;&nbsp;Le régime est tombé&#8230; Djerablous, ville de la liberté&nbsp;&raquo;</em></p>
<p>Je suis à la frontière turco-syrienne, à Djerablous. Ici, on croise des voitures surchargées d’équipements en prévision de l’hiver : des appareils de chauffage électriques ou au kérosène et autres couvertures. Les chauffeurs ne sont pas des travailleurs humanitaires. Ce sont des marchands qui étaient autonomes avant la crise.<br /><em>« Avant, on ne faisait jamais d’achats en Turquie ; c’était moins cher en Syrie. Mais maintenant, avec la guerre, les routes sont coupées ; on n’a plus le choix, il faut aller là-bas si on veut revendre la marchandise ici »</em>, me confie Abu Ahmed, qui s’est lui aussi résigné à franchir la frontière chaque jour pour ramener ses marchandises.<br />La petite ville frontalière de Djerablous, 25 000 habitants, accueille actuellement 20 000 réfugiés venus de toute la région entre Homs et Idlib. Ici, nulle trace d’aide humanitaire en vue. Livrés à leur sort, les réfugiés doivent s’entasser dans deux écoles.</p>
<p><a href="http://monde-arabe.arte.tv/wp-content/uploads/Rima6_enfants.jpg"><img class="alignnone size-full wp-image-24021" title="Rima6_enfants" src="http://monde-arabe.arte.tv/wp-content/uploads/Rima6_enfants.jpg" alt="" width="600" height="337" /></a></p>
<p>Les enfants, eux, jouent à la guerre. De petits soldats qui, le temps d’un jeu, s’affrontent, les uns dans l’opposition, les autres dans l’armée régulière. Une femme venue de Homs vient me raconter son errance de ville en ville. Elle vit du peu de riz et d’huile qu’on lui donne. Un peu plus loin, un vieil homme s’emporte :<br /><em>« On a notre fierté. Ce n’est pas dans nos habitudes de quémander de l’aide. On n’est pas comme ça. Quand j’entends des gens me dire que ce n’est pas bien, je trouve ça humiliant »</em>, conclut-il. Comme bien souvent, je m’éloigne sans savoir que répondre. A Djerablous, l’électricité est coupée la plupart du temps, sauf quelques heures par jour. On dirait que le gouvernement s’acharne sur les endroits où vivent ceux qui refusent de céder à la pression.</p>
<p>Je suis partie au nord d’Alep, à Azaz, une ville que j’ai eu l’occasion de voir au mois d’août alors qu’elle était quasiment désertée. Ses habitants avaient pris la fuite suite à des bombardements &#8211; orchestrés par le régime &#8211; qui avaient fait 60 morts, dont de nombreux enfants. Ici, la vie est en train de reprendre tout doucement ses droits. Restaurants, magasins et écoles ont à nouveau ouvert leurs portes. On voit des écoliers revenir à toutes jambes à la maison, dans leur uniforme bleu. Les gens ne vivent plus reclus ; mais quand ils sortent sur la voie publique, ils doivent naviguer entre des piles de déchets qui ne cessent de s’entasser. Faute de salaire, personne ne les évacue.<br />Cette nouvelle réalité est marquée par des hauts et des bas. Les gens pleurent avant tout leurs morts et ceux, portés disparus. Ils ont payé leur liberté au prix fort, elle a exigé son lot de vies humaines. Certes une nouvelle réalité a pris le relai, mais la nouvelle Syrie reste suspendue dans l’attente.</p>
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<p><em><strong>Rima Marrouch</strong></em><br />Traduction Catherine Reichenbach</p>
<p>Photos : Rima Marrouch</p>
<p><strong><a href="../wp-content/uploads/picto_lien32.gif"><img class="alignleft" title="picto_lien" src="../wp-content/uploads/picto_lien32.gif" alt="" width="30" height="30" /></a></strong><strong><a href="../category/journal-2-0/syrie-blog-rima-marrouch/">S</a><em><a href="../category/journal-2-0/syrie-blog-rima-marrouch/">u</a></em></strong><strong><em><a href="../category/journal-2-0/syrie-blog-rima-marrouch/">ivez le blog &laquo;&nbsp;Sur les murs de Syrie&nbsp;&raquo; avec Rima Marrouch et Razan Ghazzawi </a></em></strong></p>
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<p><strong title="rima_bio150"><img class="alignleft" title="rima_bio150" src="../wp-content/uploads/rima_bio150.jpg" alt="" width="150" height="150" /></strong></p>
<p><strong>Rima Marrouch</strong> est une journaliste syro-polonaise indépendante. Elle a grandi à Homs dans les années 90, lorsque la ville était encore un endroit paisible. Elle écrit des reportages sur la Libye et sur la Syrie pour le <em><a href="http://www.latimes.com/" target="_blank">LA Times</a></em>. Elle a également travaillé pour le <em>« <a href="http://cpj.org/mideast/" target="_blank">Committee to Protect Journalists/Middle East and North Africa Program</a> »</em>. Aujourd’hui, elle est basée à Beyrouth, au Liban.</p>
<p><a href="../wp-content/uploads/picto_lien32.gif"><img class="alignleft" title="picto_lien" src="../wp-content/uploads/picto_lien32.gif" alt="" width="30" height="30" /></a> Vous pouvez suivre Rima sur<em> <a href="https://twitter.com/RimaMarr" target="_blank">Twitter</a></em> et lui écrire sous <a href="https://twitter.com/RimaMarr" target="_blank">@RimaMarr</a></p>
<p><em>© photo Rima Marrouch : <a href="http://www.facebook.com/EverydayRebellion" target="_blank">Everyday Rebellion</a></em>, un projet cross-media sur la lutte non-violente dans le monde ; coproduit par ARTE</p>
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		<title>Razan Ghazzawi : « Interview d’un cyber-activiste de Deir Ezzor Press Network (DPN) »</title>
		<link>http://monde-arabe.arte.tv/razan-ghazzawi-interview-deir-ezzor-press-network-dpn/</link>
		<comments>http://monde-arabe.arte.tv/razan-ghazzawi-interview-deir-ezzor-press-network-dpn/#comments</comments>
		<pubDate>Wed, 21 Nov 2012 11:54:09 +0000</pubDate>
		<dc:creator>sabine</dc:creator>
				<category><![CDATA[Journal 2.0]]></category>
		<category><![CDATA[Sur les murs de Syrie - Blog]]></category>
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		<description><![CDATA[Le journalisme citoyen gagne en popularité auprès de nombreux Syriens pour sa couverture de la révolution syrienne, estimée comme étant nettement plus juste et détaillée que celle du journalisme professionnel, qu’il soit arabe ou international. Avec ses reportages de qualité quasi professionnelle publiés sur la page Facebook,  Deir Ez-Zor Network est connu pour traquer l’info [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><strong>Le journalisme citoyen gagne en popularité auprès de nombreux Syriens pour sa couverture de la révolution syrienne, estimée comme étant nettement plus juste et détaillée que celle du journalisme professionnel, qu’il soit arabe ou international.<span id="more-23788"></span></strong></p>
<p>Avec ses reportages de qualité quasi professionnelle publiés sur la page Facebook,  <a href="https://www.facebook.com/DeirAlZorPN?fref=ts" target="_blank">Deir Ez-Zor Network</a> est connu pour traquer l’info sur place, dans la <a href="http://en.wikipedia.org/wiki/Der_ezzor" target="_blank">ville de Deir Ez-Zor</a>, l’une des villes rebelles – et pourtant marginalisée &#8211; de la révolution dans l’est du pays . Malgré l’extrême difficulté de la situation à Deir Ez-Zor, nous avons réussi à joindre Tarek*, qui en est l’administrateur.</p>
<p>La voix de Tarek nous parvient sur Skype : <em>« Une petite minute, les pommes de terre sont bientôt cuites »</em>. Deir Ez-Zor étant en état de siège depuis cinq mois, les vivres se font de plus en plus rares ; restent des pommes de terre et autres céréales stockées grâce aux agriculteurs.<br />Tarek est étudiant, mais il a fini par déserter les bancs de l’université pour rejoindre la révolution. C’est lorsqu’elle a éclaté à Deraa qu’il a eu l’idée de créer cette page, directement de son dortoir.<em> « A l’époque, il n’y avait pas de manifestations en Syrie, sauf à Deraa. On intervenait régulièrement pour des activistes de Deraa, on les aidait à charger des vidéos car il n’y avait plus de réseau internet dans leur ville ».</em></p>
<p>Arrive le 1er mai 2011. Les révolutionnaires de Deir Ez-Zor descendent pour la première fois dans les rues, pour lancer un appel à la liberté et à la chute du régime. La réponse du régime fuse, dans une vague de répression totale. Tarek raconte :<br /><em>« Le régime a commandité des rafles chez les activistes avérés pour les arrêter. Il a aussi menacé les familles et donné l’ordre de tirer à balles réelles sur les protestataires. Les révolutionnaires de Deir Ez-Zor ont fait profil bas pendant quelques semaines mais ils sont revenus à la charge avec de nouvelles manifestations, à ceci près que cette fois, ils étaient nettement plus nombreux. La répression des activistes et des rebelles a continué à prendre de l’ampleur, jusqu’en juin 2012. C’est à partir de ce moment que les <a href="http://www.youtube.com/watch?v=xEhCecF2fl4" target="_blank">massacres</a> ont commencé, et que les gens se sont mis à fuir de chez eux. Et c’est aussi à ce moment que l’Armée Syrienne Libre s’est lancée à l’assaut des rues pour protéger la ville de l’armée régulière et des criminels. Depuis le 22 juin 2012, l’Armée Syrienne Libre a retrouvé le contrôle d’environ 70% de la ville ».</em></p>
<p>J’ai demandé à Tarek ce qu’il pense du rôle que joue l’Armée Syrienne Libre dans la ville, sachant que les opérations qu’elle a menées contre les truands et les services de renseignement pro-régime ont suscité des polémiques. Voici ce qu’il en pense :<br /><em>« Je suis un activiste dans les médias, je ne travaille pas avec les révolutionnaires de l’ASL même si beaucoup de mes amis sont partants pour la rejoindre. Et qui fait partie de l’ASL à Deir Ez-Zor, eh bien ce sont les voisins et tous ces gens qu’on voit d’ordinaire en ville. Ils ont tous été tellement exposés à la violence ces 19 derniers mois qu’il est normal qu’ils veuillent protéger leur foyer et leur famille. Quant aux erreurs qui ont été commises, c’était inévitable. Ils ne sont pas entraînés, ils ne savent pas manier des armes dernière génération, ils se servent des armes basiques qu’ils ont sous la main pour défendre nos vies à tous, des vies que la plupart des médias assimilent à des chiffres. Ma vie peut être estimée à un chiffre, je pourrais mourir demain, n’empêche que mes amis ont rejoint l’ASL pour pouvoir sauver ma vie et celle d’autres personnes. Le <a href="http://vdc-sy.org/index.php/en/" target="_blank">nombre de morts recensé à Deir Ez-Zor</a> jusqu’à aujourd’hui se monte à plus de 2630 personnes depuis que la révolution a éclaté<em> ».</em></em></p>
<p>Tarek a aussi évoqué l’aggravation de la <a href="http://freesyriantranslators.net/2012/07/29/report-on-the-humanitarian-crisis-in-deir-ezzor-city/">crise de l’eau</a>, qui sévit à Deir Ez-Zor depuis que la ville s’est révoltée contre le régime d’Assad. Ici, l’eau a toujours représenté un problème crucial, mais la situation est pire que jamais depuis que les réserves de chlore ont été bombardées, au début de l’insurrection, menaçant ainsi gravement la santé de la population. Il faut savoir en effet qu’il reste 10% des habitants à Deir Ez-Zor, sur une population totale estimée à 900 000 personnes avant le début de la guerre. La destruction des réserves de chlore a actuellement pour conséquences l’hospitalisation de près de 15 personnes chaque semaine. </p>
<p>Mais Deir Ez-Zor est aussi l’une des villes syriennes rebelles à transmettre ses<a href="http://www.youtube.com/user/DeirEzzorTv" target="_blank"> images par voie satellitaire</a> via un studio basé en Egypte.</p>
<p><strong><em>Razan Ghazzawi</em></strong><em><br />Traduction Catherine Reichenbach</em></p>
<p>*Tous les noms mentionnés ici sont des pseudonymes.</p>
<p><em>Photo: Deir Ezzor Press Network du 14 Novembre 2012</em><br /><em><br /></em></p>
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<p> <strong><em><a href="../category/journal-2-0/syrie-blog-rima-marrouch/"> </a><a href="../wp-content/uploads/picto_lien32.gif"><img class="alignleft" title="picto_lien" src="../wp-content/uploads/picto_lien32.gif" alt="" width="30" height="30" /></a></em><em><a href="../category/journal-2-0/syrie-blog-rima-marrouch/">Suivez le blog &laquo;&nbsp;Sur les murs de Syrie&nbsp;&raquo; avec Rima Marrouch et Razan Ghazzawi </a></em></strong></p>
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<p><strong><a href="http://monde-arabe.arte.tv/wp-content/uploads/razan2.jpg"><img class="alignleft" title="razan" src="http://monde-arabe.arte.tv/wp-content/uploads/razan2.jpg" alt="" width="180" height="234" /></a>Razan Ghazzawi </strong>est agée de 32 ans. Cette bloggeuse syrienne basée à Damas, est une active défenseur des droits de l’homme dans sa Syrie natale mais aussi dans tout le monde arabe et au-delà.</p>
<p>Elle a été arrêtée et emprisonnée à deux reprises sous le régime syrien et son procès militaire est actuellement en cours. Razan Ghazzawi est diplômée de littérature anglaise et titulaire d’un master en littérature comparée à l’université Balamand depuis 2011. Elle a démarré son blog sous le pseudonyme de « Golaniya » il y a 7 ans, mais a choisi de reprendre sa véritable identité il y a 5 ans. En 2012, on lui a décerné le prix Front Line Defenders pour la protection des défenseurs des droits humains : <a href="http://www.frontlinedefenders.org/front-line-award-human-rights-defenders-risk">http://www.frontlinedefenders.org/front-line-award-human-rights-defenders-risk</a></p>
<p><a href="http://monde-arabe.arte.tv/wp-content/uploads/picto_lien38.gif"><img class="alignleft" title="picto_lien" src="http://monde-arabe.arte.tv/wp-content/uploads/picto_lien38.gif" alt="" width="30" height="30" /></a>Vous pouvez suivre Razan sur <a href="https://twitter.com/#%21/search/RedRazan" target="_blank"><em>Twitter</em></a> et lui écrire sous <a href="https://twitter.com/RedRazan">@RedRazan</a>, ou sur son blog: <a href="http://razanghazzawi.org/">razanghazzawi.org</a></p>
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<p><em><a href="http://www.facebook.com/EverydayRebellion" target="_blank"><br /></a></em></p>
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		<item>
		<title>Rima Marrouch : « Une lueur d’espoir dans l’obscurité ? »</title>
		<link>http://monde-arabe.arte.tv/rima-marrouch-une-lueur-d_espoir/</link>
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		<pubDate>Tue, 13 Nov 2012 13:23:55 +0000</pubDate>
		<dc:creator>sabine</dc:creator>
				<category><![CDATA[Sur les murs de Syrie - Blog]]></category>
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		<description><![CDATA[Deux voix s’élèvent actuellement en Syrie pour indiquer chacune un chemin différent au pays. Au cours d’une interview accordée à une chaîne de télévision russe, le président Bachar al-Assad semblait détaché de la réalité et étonnamment sûr de lui. « Il ne s’agit pas d’un problème entre mon peuple et moi » a déclaré Assad, [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><strong>Deux voix s’élèvent actuellement en Syrie pour indiquer chacune un chemin différent au pays. Au cours d’une interview accordée à une chaîne de télévision russe, le président Bachar al-Assad semblait détaché de la réalité et étonnamment sûr de lui.</strong><span id="more-23699"></span></p>
<p><em>« Il ne s’agit pas d’un problème entre mon peuple et moi »</em> a déclaré Assad, qui a poursuivi en affirmant que l’occident avait fait de lui l’ennemi public n°1 après s’en être pris au communisme et à Saddam Hussein. <em>« Je me projette très bien dans ce pays. Un pays sûr et engagé sur une voie plus prospère »</em> a-t-il ajouté. C’est ce qu’il a déclaré la veille de l’exode de 9000 personnes du poste-frontière de Ras al-Aïn, en fuite devant les bombardements et les combats.</p>
<p><em>« Je ne suis pas une marionnette (…) Je suis syrien et je dois donc vivre et mourir en Syrie ».</em> Une déclaration qui a aussitôt été raillée par la jeunesse syrienne, notamment par <a href="http://monde-arabe.arte.tv/rima-marrouch-les-artistes-syriens-s’opposent-au-régime-en-le-singeant/" target="_blank">Masasit Mati</a>, le collectif d’artistes qui avait diffusé sur You Tube une série satirique des Guignols de l’info, version syrienne. Ils ont publié un post sur leur <a href="https://www.facebook.com/MasasitMati?ref=ts&amp;fref=ts" target="_blank">page Facebook</a> en prenant la citation d’Assad pour légende.</p>
<p>Mais aujourd’hui s’élève également la voix de celui qui fut le cheik de la mosquée des Omeyyades à Damas, Ahmed Moaz al-Khatib, récemment propulsé à la tête du <a href="http://promo.liberation.fr/abonnez-vous-a-liberation-sur-web-iphone-ipad-et-android-pour-1-euro_articletop/" target="_blank">nouveau bloc d’opposition, la Coalition nationale syrienne</a>. Aux antipodes d’Assad, il a fait une première déclaration dans un esprit d’ouverture et d’humanisme.</p>
<p>En Syrie, le discours de Khatib a suscité bien davantage de respect. Il a appelé la communauté internationale à honorer ses engagements en matière d’aide politique, humanitaire et économique. La nouvelle instance, dirigée par Khalid, travaille à l’unification de l’opposition syrienne afin de créer un gouvernement transitoire.</p>
<p><em>« Si vous estimez que je suis un homme de bien, accordez-moi votre soutien. Si ce n’est pas le cas, je m’en remets à votre jugement »</em>, dit-il en substance.</p>
<p>Khatib a été interdit de prêche car il n’avait pas suivi les directives gouvernementales lors des sermons du vendredi. Il incarne un islam moderniste et attache beaucoup d’importance au problème du sectarisme, qui sème la division en Syrie. Emprisonné au moins deux fois depuis le début du soulèvement, Al-Khatib est un homme reconnu autant par les factions conservatrices et religieuses que par les groupes séculiers et libéraux.</p>
<p>Les Syriens ont du mal à garder l’espoir qu’un jour le cauchemar prendra fin. 19 mois après le début du conflit, beaucoup n’osent rêver d’un retour à la stabilité, de retrouvailles avec leur pays. En effet, la Coalition nationale ne représente pas la première tentative de former une opposition unie. Le Conseil national syrien, principale formation d’opposition élargie créée en août 2011, a montré qu’il était divisé et peu efficace malgré l’aide logistique et financière venue de l’occident.</p>
<p>En revanche, la Coalition nationale apporte peut-être une lueur d’espoir dans l’obscurité. Mais nombreux sont les Syriens à faire preuve d’un optimiste prudent. Comme l’a écrit l’un de mes amis : <em>« J’ai peur d’y croire».</em></p>
<p><em><strong>Rima Marrouch</strong></em><br />Traduction Catherine Reichenbach</p>
<p> Photo:  <a href="https://www.facebook.com/Free.Mouaz.AlKhatib?ref=ts&amp;fref=ts" target="_blank">Free Mouaz al-Khatib, </a>page Facebook publiée lors de l&#8217;arrestation d&#8217;Ahmed Moaz al-Khatib.</p>
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<p><strong><a href="../category/journal-2-0/syrie-blog-rima-marrouch/"> </a><a href="../category/journal-2-0/syrie-blog-rima-marrouch/">S</a><em><a href="../category/journal-2-0/syrie-blog-rima-marrouch/">u</a></em></strong><strong><a href="../wp-content/uploads/picto_lien32.gif"><img class="alignleft" title="picto_lien" src="../wp-content/uploads/picto_lien32.gif" alt="" width="30" height="30" /></a></strong><strong><em><a href="../category/journal-2-0/syrie-blog-rima-marrouch/">ivez le blog &laquo;&nbsp;Sur les murs de Syrie&nbsp;&raquo; avec Rima Marrouch et Razan Ghazzawi </a></em></strong></p>
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<hr />
<p><strong title="rima_bio150"><img class="alignleft" title="rima_bio150" src="../wp-content/uploads/rima_bio150.jpg" alt="" width="150" height="150" /></strong></p>
<p><strong>Rima Marrouch</strong> est une journaliste syro-polonaise indépendante. Elle a grandi à Homs dans les années 90, lorsque la ville était encore un endroit paisible. Elle écrit des reportages sur la Libye et sur la Syrie pour le <em><a href="http://www.latimes.com/" target="_blank">LA Times</a></em>. Elle a également travaillé pour le <em>« <a href="http://cpj.org/mideast/" target="_blank">Committee to Protect Journalists/Middle East and North Africa Program</a> »</em>. Aujourd’hui, elle est basée à Beyrouth, au Liban.</p>
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<p><a href="../wp-content/uploads/picto_lien32.gif"><img class="alignleft" title="picto_lien" src="../wp-content/uploads/picto_lien32.gif" alt="" width="30" height="30" /></a> Vous pouvez suivre Rima sur<em> <a href="https://twitter.com/RimaMarr" target="_blank">Twitter</a></em> et lui écrire sous <a href="https://twitter.com/RimaMarr" target="_blank">@RimaMarr</a></p>
<p>&nbsp;</p>
<p><em>© photo Rima Marrouch : <a href="http://www.facebook.com/EverydayRebellion" target="_blank">Everyday Rebellion</a></em>, un projet cross-media sur la lutte non-violente dans le monde ; coproduit par ARTE</p>
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		<title>Razan Ghazzawi : « Entretien avec une des artistes de Comic4 Syria »</title>
		<link>http://monde-arabe.arte.tv/razan-ghazzawi-%c2%ab-entretien-avec-une-des-artistes-de-comic4-syria-%c2%bb/</link>
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		<pubDate>Thu, 08 Nov 2012 15:51:28 +0000</pubDate>
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		<description><![CDATA[Créée en juillet 2012, la page Facebook Comic4 Syria est devenue l’une des pages révolutionnaires les plus consultées sur la toile en Syrie. Elle publie des caricatures, des BD non fictives ainsi qu’une série hebdomadaire dont le personnage principal s’appelle « Madsoos ». Un héros fictif dont le parcours reflète la dure réalité de la [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><strong>Créée en juillet 2012, la <a href="https://www.facebook.com/Comic4Syria" target="_blank">page Facebook Comic4 Syria</a> est devenue l’une des pages révolutionnaires les plus consultées sur la toile en Syrie. Elle publie des caricatures, des BD non fictives ainsi qu’une série hebdomadaire dont le personnage principal s’appelle « Madsoos ». Un héros fictif dont le parcours reflète la dure réalité de la vie en Syrie.<span id="more-23550"></span></strong></p>
<p><em>« Nous sommes des artistes anonymes, nous ne nous connaissons pas tous les quatre personnellement, d’ailleurs même l’identité des trois autres ne nous est pas forcément connue. Ce que nous voulons, à travers ces contributions, c’est créer une autre forme d’expression qui témoigne de ce que les gens endurent en Syrie »</em>, explique Sanaa*.</p>
<p><a href="http://monde-arabe.arte.tv/wp-content/uploads/couleurs-1.jpg"><img class="alignnone size-full wp-image-23546" title="couleurs-1" src="http://monde-arabe.arte.tv/wp-content/uploads/couleurs-1.jpg" alt="" width="600" height="424" /></a></p>
<p>Sanaa est l’une de ces artistes. Comme eux, c’est dans un esprit de visibilité qu’elle poste ses contributions sur cette page FB ; elle a en effet été activiste dès les premières heures de la révolution :<br /><em>« On se donne à fond pour alimenter cette page. La situation politique et économique en Syrie n’étant pas franchement réjouissante, on fait tout ce qu’on peut en tant que bénévoles d’un tout petit groupe»</em>.</p>
<p><a href="http://monde-arabe.arte.tv/wp-content/uploads/couleurs-2.jpg"><img class="alignnone size-full wp-image-23547" title="couleurs-2" src="http://monde-arabe.arte.tv/wp-content/uploads/couleurs-2.jpg" alt="" width="600" height="424" /></a></p>
<p>Comic4 Syria a été repéré par des dizaines de membres de Facebook le jour où ses auteurs ont publié le dessin ci-dessous, choqués par l<a href="http://www.bbc.co.uk/news/world-middle-east-19391466" target="_blank">a froide cruauté dont venait de faire preuve une journaliste syrienne </a>. Cette dernière avait brandi son micro sous le nez d’une enfant qu’elle avait trouvée auprès du cadavre de sa mère et de ses frères et sœurs, juste après les bombardements et l’opération punitive commandités par le régime dans la ville de Darayya.</p>
<p><a href="http://monde-arabe.arte.tv/wp-content/uploads/scene-journaliste.jpg"><img class="alignnone size-full wp-image-23548" title="scene-journaliste" src="http://monde-arabe.arte.tv/wp-content/uploads/scene-journaliste.jpg" alt="" width="600" height="850" /></a></p>
<p><em>Journaliste à l’enfant :</em> « <em>Qui a fait cela à ta mère, mon petit ? </em>»</p>
<p><a href="http://www.youtube.com/watch?v=EqYgvHnxn88" target="_blank">L’attitude &#8211; pour le moins horrifiante &#8211; de la journaliste</a> envers l’enfant avait provoqué une énorme vague de colère dans les rangs révolutionnaires ; ce dessin percutant a été diffusé à point nommé pour l’illustrer. Ce que Sanaa en pense ?</p>
<p><em>« Quand on en était à nos débuts, c’est vrai qu’on voulait surtout dénoncer la cruauté du régime syrien et la terrible réalité à laquelle le peuple est confronté ; mais on a changé notre fusil d’épaule pour répandre un peu d’espoir. Actuellement on illustre des histoires vraies, arrivées à des révolutionnaires, c’est pour cela qu’on est le premier groupe en Syrie à passer par la BD pour raconter ce qu’il se passe »</em>.</p>
<p><a href="http://monde-arabe.arte.tv/wp-content/uploads/syrian-messengers.jpg"><img class="alignnone size-full wp-image-23504" title="syrian-messengers" src="http://monde-arabe.arte.tv/wp-content/uploads/syrian-messengers.jpg" alt="" width="600" height="867" /></a></p>
<p>&nbsp;</p>
<p>Nos quatre dessinateurs de Comic4 Syria ne se contentent pas de raconter en BD la colère et la frustration des Syriens face à la violence déployée par le régime ; ils adressent aussi un véritable message politique, non seulement au monde dans son ensemble, mais aussi à l’opposition syrienne et aux groupes de l’Armée Syrienne Libre :</p>
<p><em>« Nous essayons de prendre du recul par rapport aux nombreuses controverses qui voient le jour en Syrie. Si nous sommes contre <a href="http://en.wikipedia.org/wiki/Al-Nusra_Front" target="_blank">Jabhat Al-Nosra</a> &#8211; comme de nombreux révolutionnaires qui le cataloguent d’agent du gouvernement -, nous nous méfions aussi de l’<a href="http://www.leninology.com/2012/07/the-syrian-revolt-enters-new-phase.html" target="_blank">Armée Syrienne Libre</a>. Nous sommes aussi opposés à ceux qui se permettent de critiquer alors qu’ils sont bien à l’abri dans leurs planques, et qui en plus essaient de dicter aux révolutionnaires syriens la manière de procéder pour mener cette révolution. Nous sommes contre toute atteinte à la liberté d’expression, n’empêche que nous n’approuvons pas forcément la manière dont la chaîne Al Arabiya assure la couverture de la révolution. Nous sommes aussi très circonspects face au soi-disant soutien international à la Syrie »</em>.</p>
<p><a href="http://monde-arabe.arte.tv/wp-content/uploads/planche1.jpg"><img class="alignnone size-full wp-image-23506" title="planche1" src="http://monde-arabe.arte.tv/wp-content/uploads/planche1.jpg" alt="" width="600" height="857" /></a></p>
<p>&nbsp;</p>
<p>J’ai demandé à Sanaa si cette page touche vraiment un large public, puisqu’elle n’est visible que par les personnes équipées qui ont un compte Facebook, à la différence des chaînes de télévision, dont les journaux peuvent être regardés par tout le monde. Voici ce qu’elle en pense :</p>
<p><em>« D’accord, nous ne sommes visibles que sur Facebook ; effectivement, cela pourrait représenter un obstacle puisque tous les révolutionnaires n’ont pas forcément un accès à l’internet ; cela dit, les administrateurs de pages révolutionnaires – comme ceux de l’ASL – peuvent consulter la nôtre, et ce qu’on voudrait, c’est que certains d’entre eux se sentent interpelés par notre décryptage de la situation en Syrie. On sait par exemple qu’un groupe d’activistes d’Alep a imprimé une partie de notre travail pour le distribuer à des combattants. On a aussi été prévenus que notre travail va être présenté à une exposition à Copenhague, elle va être annoncée quand tout sera prêt. En tout cas, on s’en tient à notre but initial : exprimer notre ressenti par un biais artistique. Après, c’est aux gens partout dans le monde de décider de ce qu’ils en font»</em>.</p>
<p><a href="http://monde-arabe.arte.tv/wp-content/uploads/planche2.jpg"><img class="alignnone size-full wp-image-23508" title="planche2" src="http://monde-arabe.arte.tv/wp-content/uploads/planche2.jpg" alt="" width="600" height="857" /></a></p>
<p>&nbsp;</p>
<p>Pour finir, Sanaa explique aussi qu’ils ne peuvent pas tout faire eux-mêmes. Qu’il est difficile pour eux de donner libre cours à leur créativité en plein conflit armé, tout en essayant de trouver des fonds pour imprimer leurs BD, quand il ne s’agit pas de se faufiler dans les zones bombardées pour distribuer leurs flyers. Sanaa et les membres de son groupe pensent simplement que nous, qui vivons à l’étranger dans la sécurité de nos maisons, pourrions leur être utiles en faisant circuler leur travail, de façon à faire entendre leurs voix.</p>
<p><em><strong><br /></strong><strong>Razan Ghazzawi</strong></em><br /><em>Traduction : Catherine Reichenbach</em></p>
<p>Photos : Comic4 Syria</p>
<p>&nbsp;</p>
<p>*Tous les noms ici mentionnés sont des pseudonymes.<br />**Ce reportage a été diffusé en Syrie sur une chaîne pro-régime. Il annonçait que l’armée régulière avait nettoyé la ville de ses « terroristes » et autres « gangs », en référence aux combattants de l’Armée Syrienne Libre. L’armée régulière a commis un massacre parmi les civils, faisant plus de 600 morts, selon le <a href="http://vdc-sy.org/index.php/en/martyrs/1/c29ydGJ5PWEua2lsbGVkX2RhdGV8c29ydGRpcj1ERVNDfGFwcHJvdmVkPXZpc2libGV8c2hvdz0xfGV4dHJhZGlzcGxheT0wfDM9RGFyYXlhfA==" target="_blank">Centre de Documentation sur les Violations des Droits de l’Homme</a> (VDC)</p>
<hr />
<p><strong><strong><a href="http://monde-arabe.arte.tv/wp-content/uploads/razan2.jpg"><img class="alignleft" title="razan" src="http://monde-arabe.arte.tv/wp-content/uploads/razan2.jpg" alt="" width="180" height="234" /></a></strong></strong></p>
<p><strong>Razan Ghazzawi </strong>est agée de 32 ans. Cette bloggeuse syrienne basée à Damas, est une active défenseur des droits de l’homme dans sa Syrie natale mais aussi dans tout le monde arabe et au-delà.</p>
<p>Elle a été arrêtée et emprisonnée à deux reprises sous le régime syrien et son procès militaire est actuellement en cours. Razan Ghazzawi est diplômée de littérature anglaise et titulaire d’un master en littérature comparée à l’université Balamand depuis 2011. Elle a démarré son blog sous le pseudonyme de « Golaniya » il y a sept ans, mais a choisi de reprendre sa véritable identité il y a cinq ans. En 2012, on lui a décerné le prix <a href="http://www.frontlinedefenders.org/front-line-award-human-rights-defenders-risk" target="_blank">Front Line Defenders</a> pour la protection des défenseurs des droits humains.</p>
<p><strong><a href="http://monde-arabe.arte.tv/wp-content/uploads/picto_lien38.gif"><img class="alignleft" title="picto_lien" src="http://monde-arabe.arte.tv/wp-content/uploads/picto_lien38.gif" alt="" width="30" height="30" /></a>Vous pouvez suivre Razan sur <a href="https://twitter.com/#%21/search/RedRazan" target="_blank"><em>Twitter</em></a> et lui écrire sous <a href="https://twitter.com/RedRazan">@RedRazan</a>, ou sur son blog: <a href="http://razanghazzawi.org/" target="_blank">razanghazzawi.org</a><br /></strong></p>
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		<title>Rima Marrouch : &#171;&#160;Le premier camp de réfugiés syriens&#160;&#187;</title>
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		<pubDate>Wed, 31 Oct 2012 15:24:34 +0000</pubDate>
		<dc:creator>st-multimedia</dc:creator>
				<category><![CDATA[Non classé]]></category>
		<category><![CDATA[Sur les murs de Syrie - Blog]]></category>
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		<description><![CDATA[Le camp de Qah, qui abrite des réfugiés syriens, ne va probablement pas les protéger de la pluie ni du froid qui arrivent. On manque de tout ici, excepté d&#8217;histoires de gens ayant perdu leur famille ou leur maison. Et le camp s&#8217;étend sans cesse. En dix jours, il est passé de 60 à 220 [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><strong>Le camp de Qah, qui abrite des réfugiés syriens, ne va probablement pas les protéger de la pluie ni du froid qui arrivent. On manque de tout ici, excepté d&#8217;histoires de gens ayant perdu leur famille ou leur maison. Et le camp s&#8217;étend sans cesse. En dix jours, il est passé de 60 à 220 tentes. Au moins, les Syriens ne manquent pas de sens de l&#8217;organisation.</strong><span id="more-23329"></span></p>
<p>Par ici, les oliviers protègent non pas du soleil et de la pluie, mais des bombardements. Nord-ouest de la Syrie, en périphérie de Qah : une véritable mer de tentes s’étend à l’horizon, au beau milieu d’une oliveraie. Ce camp de fortune accueille des centaines de familles qui espèrent franchir la frontière, direction la Turquie.</p>
<p><em>« Je suis arrivé dans cette zone frontalière il y a à peu près un mois et demi pour apporter de l’aide »</em> dit Omar Abdel Karim Rahmun, manager du projet. <em>« Je m’attendais à voir affluer cent, voire deux cent personnes. Mais certainement pas ces flots de réfugiés qui se retrouvent à présent sans abri, sous les oliviers ».</em></p>
<p>Rahmun a lancé un appel aux organismes susceptibles de fournir de l’aide. C’est ainsi qu’une oeuvre caritative de Libye du nom de Yusr a fait parvenir un don de 23 000 $. Avec l’arrivée des pluies, abondantes à cette époque de l’année, ce type de projet est primordial car il permet de donner un abri à des milliers de familles. Les Nations Unies ont en effet estimé à 700 000 le nombre de réfugiés syriens qui vont affluer d’ici la fin de l’année.</p>
<p><em>«J’ai aussi alerté, entre autres,  le Conseil national syrien mais pour l’instant, tout ce qu’on a obtenu, ce sont des promesses »</em>, poursuit Rahmun. <em>« L’oeuvre caritative libyenne est la seule à avoir apporté une aide financière. D’autres nous ont fait parvenir des denrées alimentaires ou des couvertures ».</em></p>
<p>Grâce aux gens du coin, des terrains agricoles ont été mis à disposition pour être loués ou cédés gracieusement. Avec une capacité d’accueil d’environ 800 tentes, il y a, dans l’immédiat, approximativement 220 tentes que se partagent quelques 1500 Syriens ; pour la plupart elles abritent des familles qui viennent d’Idlib ou de localités comme Atareb, Tal Rifaat et Mareaa.</p>
<p><em>« Ici, nous sommes assez loin de la frontière turque »</em> dit Rahmun. <em>« Et nous ne sommes pas exposés aux tirs d’artillerie du régime. Il s’agit quasiment d’une zone tampon ».</em></p>
<p>&nbsp;</p>
<p><a href="http://monde-arabe.arte.tv/wp-content/uploads/Rima-enfants-article.jpg"><img title="Rima-enfants-article" src="http://monde-arabe.arte.tv/wp-content/uploads/Rima-enfants-article.jpg" alt="" width="600" height="337" /></a></p>
<p>Pourtant, de nombreuses femmes du camp sont en proie à  un profond sentiment d’insécurité. Um Khaled &#8211; une jeune femme de 33 ans originaire de Kafar Zeita &#8211; a perdu neuf membres de sa famille le 11 septembre au matin, lors de frappes aériennes qui ont touché sa maison.</p>
<p><em>« On avait toujours réussi à s’en sortir, jusqu’à ce qu’on soit pris sous les bombardements»</em> dit-elle. En fuite avec ses trois enfants, elle a erré tout un mois sur les routes avant de réussir à rallier Qah.</p>
<p><em>« Ils ont déjà bombardé le territoire turc, alors pourquoi se priveraient-ils de le faire ici ? »</em> dit Ahlam, mère de six enfants venue d’Atareb. <em>« Je veux aller en Turquie ; on serait plus en sécurité là-bas, mais cela fait des semaines qu’on est ici, sous les oliviers, et maintenant mon mari s’y oppose. On va donc rester ici ».</em><br />Elle a donné à sa dernière-née, qui a aujourd’hui quatre mois, un nom lourd de signification. Raheel – « Exode» -  a vu le jour alors que la famille était en fuite sur les routes, à la recherche d’un lieu où s’abriter. Dans leur errance vers le nord du pays, ils ont changé d’abri à quatre reprises pour échapper aux bombardements.</p>
<p>Je m’apprête à quitter Qah, mais une jeune mère de 18 ans m’arrête. Elle a donné naissance il y a quelques mois à son premier bébé. Elle me demande si je suis mariée et si j’ai des enfants… Je lui réponds que non, ce n’est pas le cas.</p>
<p><em>« Tu as raison »</em> poursuit-elle. <em>« C’est mieux comme ça. Quand les bombes commencent à pleuvoir, on peut fuir beaucoup plus rapidement si on est seul ».</em></p>
<p><em><strong><br /></strong><strong>Rima Marrouch</strong></em><br />Traduction Catherine Reichenbach</p>
<p>Photo : Rima Marrouch</p>
<p>&nbsp;</p>
<p><strong><a href="../category/journal-2-0/syrie-blog-rima-marrouch/"> </a><a href="../category/journal-2-0/syrie-blog-rima-marrouch/">S</a><em><a href="../category/journal-2-0/syrie-blog-rima-marrouch/">u</a></em></strong><strong><a href="../wp-content/uploads/picto_lien32.gif"><img class="alignleft" title="picto_lien" src="../wp-content/uploads/picto_lien32.gif" alt="" width="30" height="30" /></a></strong><strong><em><a href="../category/journal-2-0/syrie-blog-rima-marrouch/">ivez le blog &laquo;&nbsp;Sur les murs de Syrie&nbsp;&raquo; avec Rima Marrouch et Razan Ghazzawi </a></em></strong></p>
<p>&nbsp;</p>
<hr />
<p><strong title="rima_bio150"><img class="alignleft" title="rima_bio150" src="../wp-content/uploads/rima_bio150.jpg" alt="" width="150" height="150" /></strong></p>
<p><strong>Rima Marrouch</strong> est une journaliste syro-polonaise indépendante. Elle a grandi à Homs dans les années 90, lorsque la ville était encore un endroit paisible. Elle écrit des reportages sur la Libye et sur la Syrie pour le <em><a href="http://www.latimes.com/" target="_blank">LA Times</a></em>. Elle a également travaillé pour le <em>« <a href="http://cpj.org/mideast/" target="_blank">Committee to Protect Journalists/Middle East and North Africa Program</a> »</em>. Aujourd’hui, elle est basée à Beyrouth, au Liban.</p>
<p>&nbsp;</p>
<p><a href="../wp-content/uploads/picto_lien32.gif"><img class="alignleft" title="picto_lien" src="../wp-content/uploads/picto_lien32.gif" alt="" width="30" height="30" /></a> Vous pouvez suivre Rima sur<em> <a href="https://twitter.com/RimaMarr" target="_blank">Twitter</a></em> et lui écrire sous <a href="https://twitter.com/RimaMarr" target="_blank">@RimaMarr</a></p>
<p><em>© photo Rima Marrouch : <a href="http://www.facebook.com/EverydayRebellion" target="_blank">Everyday Rebellion</a></em>, un projet cross-media sur la lutte non-violente dans le monde ; coproduit par ARTE</p>
<p>&nbsp;</p>
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		<title>Razan Ghazzawi : « Sectarisme – discussion autour d’un café »</title>
		<link>http://monde-arabe.arte.tv/razan-ghazzawi-sectarisme/</link>
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		<pubDate>Thu, 25 Oct 2012 17:55:52 +0000</pubDate>
		<dc:creator>st-multimedia</dc:creator>
				<category><![CDATA[Non classé]]></category>
		<category><![CDATA[Sur les murs de Syrie - Blog]]></category>
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		<description><![CDATA[Pendant une semaine, j’ai partagé la vie d&#8217;une famille avec lesquelles j’ai eu des discussions parfois âpres, mais révélatrices. Retour sur une scène qui me tient à cœur. Lieu : Quelque part dans la ville syrienne de Daraa, dans l’enceinte d’une maison.Date : Début octobre 2012.Personnages : Trois femmes, qui ont échoué ici pour fuir [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><strong>Pendant une semaine, j’ai partagé la vie d&#8217;une famille avec lesquelles j’ai eu des discussions parfois âpres, mais révélatrices. Retour sur une scène qui me tient à cœur.</strong><span id="more-23139"></span></p>
<p><strong>Lieu :</strong> Quelque part dans la ville syrienne de <strong><a href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Deraa" target="_blank">Daraa</a></strong>, dans l’enceinte d’une maison.<strong><br />Date :</strong> Début octobre 2012.<strong><br />Personnages :</strong> Trois femmes, qui ont échoué ici pour fuir la violence du régime syrien. Elles sont contraintes de changer régulièrement d’habitat. Il y a quelques mois, leur maison a été incendiée lors d’un raid mené par les troupes régulières.</p>
<hr />
<p>A ce moment, nous étions dans la cour de la maison, réunies autour d’un café pris à même le sol. Avant, l’endroit était habité par une famille qui, sous les bombardements, l’a désertée pour se réfugier en Jordanie. En arrivant ici, la maison était vide, avec pour seules commodités l’eau et l’électricité. Nous l’avons occupée pendant cinq jours.</p>
<p><strong>Femme 1</strong> : <em>« Et toi, d’où viens-tu ? »</em><br /><strong>Moi</strong> : <em>« Je vis à Damas, mais je ne suis pas née là-bas. En fait, je suis d’origine palestinienne ».</em><br /><strong>Femme 2</strong> : <em>« Donc tu es Palestinienne ? Tu as le passeport palestinien ? »</em><br /><strong>Moi</strong> : <em>« Non, c’est dû au fait que les Israéliens n’ont pas voulu laisser mon grand-père revenir en Palestine. Il a réussi à obtenir la citoyenneté syrienne juste après que la Syrie a proclamé son indépendance. Mais j’ai beau avoir la nationalité syrienne, ce qui importe, c’est l’histoire de ma famille ».</em><br /><strong>Femme 1</strong> : <em>« Tu es musulmane ? »</em><br /><strong>Moi</strong> : <em>« Mes parents sont musulmans »</em>.</p>
<p>Difficile d’ignorer le regard que les trois femmes ont échangé à ce moment.</p>
<p><strong>Femme 3</strong> : <em>« Donc, tu n’es pas musulmane ? »</em><strong><br />Moi</strong> (avec un sourire contraint) : <em>« La relation que j’ai avec Dieu ne concerne que lui  et moi »</em>.</p>
<p>Je m’attendais à ce que ma réponse soit saluée d’un silence gêné, mais ô surprise, la question suivante a fusé :</p>
<p><strong>Femme 1</strong> : <em>« Tu es sunnite ? »</em><br /><strong>Moi</strong> : <em>« Disons que mes parents le sont »</em>.<br /><strong>Femme 2</strong> : <em>« Donc, tu es musulmane et sunnite »</em>.<br /><strong>Moi</strong> : <em>« Non, je ne m’identifie pas comme une Sunnite ; mon rapport à la religion est strictement personnel, c’est d’ailleurs un sujet que je n’aime pas aborder»</em>.</p>
<p>Je sentais que j’allais devoir couper court à cette discussion : comment allais-je leur exposer ma vision de Dieu sans les offenser à coup sûr ?</p>
<p><strong>Femme 3</strong> (amusée) : <em>« Peu importe, moi, je suis contente que tu sois sunnite ! »</em></p>
<p>Cette phrase m’a hantée pendant des semaines, par la suite. Des semaines entières. Contente que je sois sunnite ? Je venais de lui dire que je ne l’étais pas, je lui avais quasiment avoué que je n’étais pas musulmane, et voilà ce qui comptait pour elle : pourvu que je sois sunnite !<br />Je me vois encore me tortiller par terre, pour changer de position.</p>
<p><strong>Moi</strong> (d’un rire forcé) : <em>« Puisque je te dis que je ne suis pas sunnite. J’estime qu’on ne devrait pas s’identifier sous cet angle. Ta vision de l’islam est conditionnée par ton approche de la religion ; tu peux te définir comme tu veux, en tout cas, moi, c’est ce que je fais : je ne me considère pas comme sunnite »</em>.</p>
<p>Si cette femme restait moqueuse à mon encontre, ses compagnes en revanche semblaient captivées par mon discours. Comme si c’était une véritable découverte. J’ai alors su que j’avais fait mouche. Je ne m’y prenais pas très bien, certes, mais l’essentiel était de franchir le pas.</p>
<p><strong>Femme 2</strong> (sourire en coin): <em>« Pas grave, moi, je suis bien contente ! »</em><br /><strong>Moi</strong> : <em>« Mais pourquoi ? Cela veut-il dire que tu es contente que je ne sois pas alaouite ou druze ? »</em> Et voilà, c’est parti, me suis-je dit.<br /><strong>Femme 3</strong> : <em>« Exactement ; Et je suis bien contente que tu ne sois pas chiite ! »</em></p>
<p>A ma grande surprise, elle venait de mentionner les Chiites alors qu’ils ne sont pas sur le devant de la scène dans cette révolution. Du moins, pas les Chiites syriens.</p>
<p><strong>Moi</strong> :<em> « Mais pourquoi donc ? »</em><br /><strong>Femme 2</strong> : <em>« Parce qu’ils sont pro-régime et que ce sont des Kuffar – des mécréants &#8211; »</em>.</p>
<p>Je m’attendais à ce qu’elle pointe du doigt l’Iran et le Hezbollah, mais non ; elle avait utilisé le terme « mécréant ».</p>
<p><strong>Moi</strong> : <em>« Les Chiites, qui prient cinq fois par jour, dont les femmes portent le voile, et qui lisent le même Coran ; eux, des mécréants ? »</em></p>
<p>Je crois que c’est à ce moment que j’ai perdu pied.</p>
<p><strong>Moi</strong> : <em>« J’en connais pourtant, des gens appartenant à ces minorités, qui sont révolutionnaires, certains d’entre eux sont dans l’<strong><a href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Arm%C3%A9e_syrienne_libre" target="_blank">armée syrienne libre</a></strong>, d’autres sont en détention, voire morts ! »</em></p>
<p>Je me connais. Quand je m’engage dans une polémique, je m’emporte facilement. J’ai donc essayé de me contrôler le mieux possible, tout-à-fait consciente  que cette conversation valait tout l’or du monde et qu’il fallait qu’elle s’achève sans heurts.</p>
<p><strong>Femme 3</strong> : <em>« Oui, ils ne sont peut-être pas nombreux. Mais moi, je viens de <strong><a href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Massacre_de_Houla" target="_blank">Houla</a></strong>, et je les ai vus, les Chiites, attacher tout le monde et tuer femmes et enfants. La seule voie pour approcher l’islam, c’est le sunnisme ; les Chiites ne prient pas Dieu, ils ne respectent pas Mohammed, d’ailleurs c’est à Ali qu’ils adressent leurs prières ».</em><br /><strong>Moi</strong> : <em>«Comment cela, les Chiites ne prient pas Dieu et ne respectent pas Mohammed ???! Mais les Chiites sont des musulmans, ils ont simplement une autre approche de l’islam, et ils ont parfaitement le droit de le faire, comme  vous. On ne devrait pas obliger les autres gens à adopter les préceptes d’un texte, quel qu’il soit, car il n’y a pas de voie unique. Ton discours, c’est du sectarisme. »</em></p>
<p>Le mot était sorti tout seul de ma bouche, mais c’était plus fort que moi.</p>
<p><strong>Moi</strong> : <em>« Tu dis que des Chiites ont tué des familles à Houla, mais est-ce que cela fait des Chiites dans leur ensemble des ennemis de la révolution qui assassinent les Syriens ? Moi, j’appelle ça du sectarisme. Te rends-tu compte de cela ? »</em></p>
<p>Jamais je n’aurais cru que ce mot les ferait autant réagir.</p>
<p><strong>Femme 3</strong> (volubile) : <em>« Très bien, je n’étais pas sectaire avant, aucun de nous ne l’était. Mais c’est le régime qui nous y a forcés. Les Chiites tuent les nôtres, ils nous ont chassés de chez nous. S’il n’y avait pas eu l’Iran et le Hezbollah, on aurait gagné, avec cette révolution. Non, je n’ai pas toujours été sectaire ».</em></p>
<p>                                                  &#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;</p>
<p>Quand cette femme m’a annoncé <em>« Je n’ai pas toujours été sectaire »</em>, j’ai réalisé que c’est là que le bât blesse, qu’il faut voir cela comme un devoir de révolutionnaire : se consacrer aux gens qui deviennent sectaires parce qu’ils sont assujettis à la violence du régime et aussi faute de contact de leur part avec des révolutionnaires qui ne partagent pas forcément leur manière de voir les choses.</p>
<p>Il est clair que plus nous  prendrons conscience de ce que vivent ces femmes au jour le jour sur le terrain, et plus nous aurons ce type de discussions avec elles, plus nous aurons de chances de les amener à voir les choses autrement.<br />J’ai pris congé de ces femmes en leur disant qu’il y en a au moins une en Syrie qui ne se revendique pas comme étant sunnite, qui ne s’extériorise pas sur la religion ou sur Dieu, et qui pourtant est contre le régime. Elles m’ont appelée la semaine dernière car elles voulaient avoir de mes nouvelles, parce qu’au final elles m’aiment bien ; d’ailleurs, je leur rends la pareille. J’aime à croire que j’ai réussi à leur faire voir les choses sous un angle différent.</p>
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<p><strong><em>Razan Ghazzawi</em></strong><em><br />Traduction Catherine Reichenbach</em></p>
<p><em><br />Photo : Shaam News Network. Manifestation contre le régime à Daraa, 2011. Deux manifestants avec des coix en signe d&#8217;a<em>ppel pour l&#8217;unité national et contre le <em>sectarisme.</em><br /></em></em></p>
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<p> <strong><em><a href="../category/journal-2-0/syrie-blog-rima-marrouch/"> </a><a href="../wp-content/uploads/picto_lien32.gif"><img class="alignleft" title="picto_lien" src="../wp-content/uploads/picto_lien32.gif" alt="" width="30" height="30" /></a></em><em><a href="../category/journal-2-0/syrie-blog-rima-marrouch/">Suivez le blog &laquo;&nbsp;Sur les murs de Syrie&nbsp;&raquo; avec Rima Marrouch et Razan Ghazzawi </a></em></strong></p>
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<p><strong><a href="http://monde-arabe.arte.tv/wp-content/uploads/razan2.jpg"><img class="alignleft" title="razan" src="http://monde-arabe.arte.tv/wp-content/uploads/razan2.jpg" alt="" width="180" height="234" /></a>Razan Ghazzawi </strong>est agée de 32 ans. Cette bloggeuse syrienne basée à Damas, est une active défenseur des droits de l’homme dans sa Syrie natale mais aussi dans tout le monde arabe et au-delà.</p>
<p>Elle a été arrêtée et emprisonnée à deux reprises sous le régime syrien et son procès militaire est actuellement en cours. Razan Ghazzawi est diplômée de littérature anglaise et titulaire d’un master en littérature comparée à l’université Balamand depuis 2011. Elle a démarré son blog sous le pseudonyme de « Golaniya » il y a 7 ans, mais a choisi de reprendre sa véritable identité il y a 5 ans. En 2012, on lui a décerné le prix Front Line Defenders pour la protection des défenseurs des droits humains : <a href="http://www.frontlinedefenders.org/front-line-award-human-rights-defenders-risk">http://www.frontlinedefenders.org/front-line-award-human-rights-defenders-risk</a></p>
<p><a href="http://monde-arabe.arte.tv/wp-content/uploads/picto_lien38.gif"><img class="alignleft" title="picto_lien" src="http://monde-arabe.arte.tv/wp-content/uploads/picto_lien38.gif" alt="" width="30" height="30" /></a>Vous pouvez suivre Razan sur <a href="https://twitter.com/#%21/search/RedRazan" target="_blank"><em>Twitter</em></a> et lui écrire sous <a href="https://twitter.com/RedRazan">@RedRazan</a>, ou sur son blog: <a href="http://razanghazzawi.org/">razanghazzawi.org</a></p>
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<p><em><a href="http://www.facebook.com/EverydayRebellion" target="_blank"><br /></a></em></p>
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		<title>Rima Marrouch :  « D’un coup de crayon, un dessinateur syrien dénonce les aberrations commises dans un pays divisé »</title>
		<link>http://monde-arabe.arte.tv/rima-marrouch-%c2%ab-d%e2%80%99un-coup-de-crayon-un-dessinateur-syrien-d%c3%a9nonce-les-aberrations-commises-dans-un-pays-divis%c3%a9-%c2%bb/</link>
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		<pubDate>Wed, 10 Oct 2012 16:16:26 +0000</pubDate>
		<dc:creator>st-multimedia</dc:creator>
				<category><![CDATA[Sur les murs de Syrie - Blog]]></category>
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		<description><![CDATA[En général, quand on manie la critique comme une arme universelle, on s’attire peu d’amis. Mais si l’artiste Juan Zero est tellement populaire, c’est justement parce qu’il vise tous les protagonistes. Juan – c’est son pseudonyme – est le porte-parole d’une nouvelle génération de caricaturistes politiques en Syrie, fidèles à une tradition du dessin satirique [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><strong>En général, quand on manie la critique comme une arme universelle, on s’attire peu d’amis. Mais si l’artiste <a href="https://www.facebook.com/JuanZeroSyrianCartoonist" target="_blank">Juan Zero</a> est tellement populaire, c’est justement parce qu’il vise tous les protagonistes.<span id="more-22501"></span></strong></p>
<p>Juan – c’est son pseudonyme – est le porte-parole d’une nouvelle génération de caricaturistes politiques en Syrie, fidèles à une tradition du dessin satirique qui existait avant même que le régime baasiste n’arrive au pouvoir, dans les années 60. Beaucoup de jeunes Syriens apprécient les caricatures de Juan, parce qu’elles reflètent une réalité politique, sociale et culturelle, et aussi parce qu’elles visent autant le régime syrien que l’opposition, en période de status quo comme de révolution.</p>
<p><em>« Il dénonce les aberrations, qu’elles soient commises par le régime ou par les protestataires »</em> dit Alaa, un activiste syrien. <em>« Il essaie de rétablir ce que nous appelons la « voie de la révolution ». Il s’en prend à la révolution et n’hésite pas à casser l’aura d’infaillibilité dont s’entourent certains membres de l’opposition, et aussi de l’armée syrienne libre. »</em></p>
<p>Sous le coup de crayon de Juan est né, entre autres, un personnage : une recrue militaire coincée entre les deux factions, officiers loyalistes et rebelles. Fait rare en Syrie, c’est l’occasion de voir le monde par les yeux d’un simple soldat de l’armée. Et bien que le soldat brandisse une arme, et Juan, un stylo, leur cause est commune parce que la non violence prônée par Juan est elle-même minée par le conflit.</p>
<p><em>« En pleine guerre, c’est difficile de différencier les bons des mauvais » </em>dit-il.<em> « Moi, j’essaie simplement de faire preuve de bon sens ». « Au début, j’avais tendance à m’en prendre violemment aux pro-régime ou à tous ceux qui défendent le gouvernement, mais j’ai évolué. J’ai fini par comprendre qu’on devrait communiquer entre nous, qu’on devrait faire parvenir des messages. En fin de compte, ceux qui sont fidèles au gouvernement ont eux aussi la nationalité syrienne, et ils l’auront toujours ».</em></p>
<p>Il y a quelques temps, j’ai parcouru son œuvre, dont je suis immédiatement devenue fan. J’ai fini par rencontrer l’homme qui est derrière. Tête rasée, vêtu d’un T-shirt rouge et sac à dos noir en permanence sur lui, Juan surprend par sa modestie ; chose plutôt rare chez les artistes, d’après mon expérience. Avant, il était concepteur graphique ; mais quand l’insurrection s’est déclenchée, il s’est mis à la caricature.</p>
<p><em>« La toute première mettait en scène le président syrien sur le point de se suicider »</em> se souvient-il ; <em>« En arrière-fond, on voyait une main en treillis militaire, en train de le pousser à recourir aux armes. J’estimais alors – et je le pense aujourd’hui encore – que se retourner avec des forces armées contre son propre peuple est un acte suicidaire».</em></p>
<p>Le dessin suivant s’en prenait à une autre cible : on y voit un homme se prendre en photo en posant un pied dans le pays, une manière de railler ce qu’on appelle ici couramment le « tourisme politique » et qui consiste pour les activistes et les politiques à faire une visite éclair en Syrie, afin de pouvoir affirmer qu’ils y étaient.  Juan, lui, a quitté le pays le 14 décembre 2011, après avoir appris que des agents des services de renseignement en civil étaient venus poser des questions sur lui &#8211; à Rawda, en périphérie de Damas &#8211; dans son café favori, lieu de rencontre pour de nombreux artistes, écrivains et intellectuels. Depuis, il a tissé des liens avec des Syriens de tous milieux, qui eux aussi ont fui le pays et espèrent revenir un jour chez eux. <em>« Chacun de nous vit dans l’attente du retour »</em>, dit-il.</p>
<p>Un retour compromis pour bon nombre d’entre eux. Dans un récent post sur <a href="http://www.arabcartoon.net/index.php?option=com_k2&amp;view=item&amp;id=724%3A%D8%A7%D9%84%D9%81%D9%86%D8%A7%D9%86-%D8%A7%D9%84%D8%B3%D9%88%D8%B1%D9%8A-%D8%A3%D9%83%D8%B1%D9%85-%D8%B1%D8%B3%D9%84%D8%A7%D9%86-%D9%82%D9%8A%D8%AF-%D8%A7%D9%84%D8%A7%D8%B9%D8%AA%D9%82%D8%A7%D9%84&amp;Itemid=3&amp;lang=ar#.UHPtiCygfYc.facebook" target="_blank">Arabcartoon</a>, Juan a fait circuler l’information que son collègue Akram Raslan vient de se faire arrêter par les renseignements militaires au siège du journal Al-Fidaa, où il travaillait, à Damas. Il avait publié des caricatures du président syrien sur les médias sociaux et sur le site web d’Al-Jazira. <br />La caricature reste un métier à risques, en Syrie.</p>
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<p><a href="http://monde-arabe.arte.tv/wp-content/uploads/juan1-article2.jpg"><img title="juan1-article" src="http://monde-arabe.arte.tv/wp-content/uploads/juan1-article2.jpg" alt="" width="585" height="447" /></a></p>
<p><em>Légende : &nbsp;&raquo; A la frontière syrienne &laquo;&nbsp; </em></p>
<p><a href="http://monde-arabe.arte.tv/wp-content/uploads/juan2-article.jpg"><img title="juan2-article" src="http://monde-arabe.arte.tv/wp-content/uploads/juan2-article.jpg" alt="" width="600" height="454" /></a></p>
<p><em>Légende:  „ Chef, la Turquie nous bombarde, qu’est-ce qu’on fait ? &#8230; Y’a quelqu’un ? “ (Pas de réponse).</em></p>
<p><a href="http://monde-arabe.arte.tv/wp-content/uploads/juan3-articel.jpg"><img title="juan3-articel" src="http://monde-arabe.arte.tv/wp-content/uploads/juan3-articel.jpg" alt="" width="600" height="454" /></a></p>
<p><em>Légende: La recrue face à l’officier :“Je vous l’avais bien dit, chef, qu’il ne fallait pas aller à Alep “, en référence à la bataille d’Alep.</em></p>
<p><a href="http://monde-arabe.arte.tv/wp-content/uploads/juan4-article.jpg"><img title="juan4-article" src="http://monde-arabe.arte.tv/wp-content/uploads/juan4-article.jpg" alt="" width="600" height="454" /></a></p>
<p><em>Légende : Raillerie visant l’armée syrienne libre : les Syriens ne veulent pas de voyous ni de voleurs parmi les rebelles.</em></p>
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<p><strong><em><a href="../category/journal-2-0/syrie-blog-rima-marrouch/"> </a><a href="../wp-content/uploads/picto_lien32.gif"><img class="alignleft" title="picto_lien" src="../wp-content/uploads/picto_lien32.gif" alt="" width="30" height="30" /></a></em><em><a href="../category/journal-2-0/syrie-blog-rima-marrouch/">Suivez le blog &laquo;&nbsp;Sur les murs de Syrie&nbsp;&raquo; avec Rima Marrouch et Razan Ghazzawi </a></em></strong></p>
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<p><strong title="rima_bio150"><img class="alignleft" title="rima_bio150" src="../wp-content/uploads/rima_bio150.jpg" alt="" width="150" height="150" /></strong></p>
<p><strong>Rima Marrouch</strong> est une journaliste syro-polonaise indépendante. Elle a grandi à Homs dans les années 90, lorsque la ville était encore un endroit paisible. Elle écrit des reportages sur la Libye et sur la Syrie pour le <em><a href="http://www.latimes.com/" target="_blank">LA Times</a></em>. Elle a également travaillé pour le <em>« <a href="http://cpj.org/mideast/" target="_blank">Committee to Protect Journalists/Middle East and North Africa Program</a> »</em>. Aujourd’hui, elle est basée à Beyrouth, au Liban.</p>
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<p> <a href="../wp-content/uploads/picto_lien32.gif"><img class="alignleft" title="picto_lien" src="../wp-content/uploads/picto_lien32.gif" alt="" width="30" height="30" /></a>Vous pouvez suivre Rima sur<em> <a href="https://twitter.com/RimaMarr" target="_blank">Twitter</a></em> et lui écrire sous <a href="https://twitter.com/RimaMarr" target="_blank">@RimaMarr</a></p>
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<p><em> © photo Rima Marrouch : <a href="http://www.facebook.com/EverydayRebellion" target="_blank">Everyday Rebellion</a></em>, un projet cross-media sur la lutte non-violente dans le monde ; coproduit par ARTE</p>
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		<title>Razan Ghazzaoui : « Partir ou ne pas partir &#8211; telle est la question»</title>
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		<pubDate>Tue, 02 Oct 2012 09:19:26 +0000</pubDate>
		<dc:creator>st-multimedia</dc:creator>
				<category><![CDATA[Sur les murs de Syrie - Blog]]></category>
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		<description><![CDATA[« Les combats ont atteint un point de non-retour ; qui va s’effondrer en premier ? » Bassel al-Shahade, jeune réalisateur tombé en « martyr ». En Syrie, la nouvelle se répand à présent comme un feu de paille : les gens fuient. Parmi eux, des familles, des hommes d’affaires et surtout, des activistes. Ce phénomène a pris une telle ampleur [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><strong>« Les combats ont atteint un point de non-retour ; qui va s’effondrer en premier ? » Bassel al-Shahade, jeune réalisateur tombé en « martyr ».<img title="Lire la suite…" src="http://monde-arabe.arte.tv/wp-includes/js/tinymce/plugins/wordpress/img/trans.gif" alt="" /><span id="more-22120"></span></strong></p>
<p>En Syrie, la nouvelle se répand à présent comme un feu de paille : les gens fuient. Parmi eux, des familles, des hommes d’affaires et surtout, des activistes. Ce phénomène a pris une telle ampleur que de nombreux Syriens éprouvent de la colère à l’encontre des amis qui quittent les lieux de la révolution, ou qui projettent de le faire ; qui plus est, alors que la situation est plus cruciale que jamais. Certains en viennent à qualifier les partisans du départ de traîtres envers la Syrie.</p>
<p><em>« Nous ne sommes pas dupes, ceux qui quittent la Syrie ont soit de bonnes relations, soit des moyens, pour ceux qui  sont issus de familles fortunées.  L’économie syrienne se dégrade chaque jour davantage, alors si vous êtes capable de vous procurer un billet pour aller vivre à l’étranger, surtout maintenant, cela signifie que vous en avez vraiment les moyens », </em>voilà ce que pense Somayya, dont les proches s’en vont les uns après les autres pour échapper à la campagne d’arrestations orchestrée par le régime syrien.</p>
<p><em>« Le régime chasse délibérément la jeunesse ; jusqu’ici, les listes des checkpoints aux frontières comportaient les noms de certains activistes ; maintenant, le régime divulgue des listes de milliers d’activistes recherchés, pour leur faire peur et les inciter à s’enfuir. Je crois qu’on devrait rester sur place justement parce que le régime espère nous faire partir ; le fait de rester est, en soi, un acte de résistance»</em> continue Sumayya, qui ajoute tranquillement <em>: « Partir, c’est admettre sa défaite ».</em></p>
<p>Maya, une amie de Sumayya, refuse elle aussi de s’en aller en un moment aussi crucial. <em>« Partir, je n’y songe même pas ; parce que je devrais ? Bien sûr qu’ici, c’est dangereux, d’ailleurs la situation va aller de mal en pis, mais c’est justement la raison pour laquelle on doit rester ici. Il faut bien sûr rester très prudent, avoir des yeux dans le dos, veiller à son anonymat avec un pseudonyme et sécuriser les connexions internet, et ça devrait aller. Et si jamais ça tourne mal, eh bien, c’est que ça devait se produire ».</em></p>
<p>Ismail est un jeune activiste de 20 ans. Il a fui au Liban il y a dix mois, lorsque son nom a été donné au cours de l’interrogatoire d’un ami, écroué par les forces de sécurité. Je lui ai demandé comment, en tant que révolutionnaire, il vit son exil. Voici ce qu’il m’a confié :</p>
<p><em>« Quand que je me mets à boire, je me dis que je vais revenir, et quand je reprends mes esprits, je pense à toutes les raisons évidentes qui m’en empêchent. Je me sens coupable ; et plus ce régime sombre dans la violence, plus j’éprouve de la culpabilité envers les martyrs. Je crois que la souffrance unit les gens ; quand on est sous les bombardements, on ne risque pas d’oublier pourquoi cette révolution s’est produite. Le fait de ne plus être témoin de toute cette violence, de ne plus y être exposé, me rappelle tout le temps ce que je suis : un révolutionnaire en fuite ».</em></p>
<p>J’ai voulu savoir pourquoi Ismail se sent si coupable, puisque sa fuite était une mesure de protection ; il m’a répondu <em>« Cette révolution, je l’ai voulue, j’ai cru en elle bien avant qu’elle ne se déclenche; mais j’ai fui, j’ai abandonné les miens à leur sort ».</em></p>
<p>Partir ou ne pas partir, voilà la question qui hante beaucoup d’activistes dans le pays ; la plupart d’entre eux luttent chaque jour pour prendre une décision. Serai-je en droit de continuer à vivre si jour après jour, les miens tombent ? Serai-je en droit d’avoir un travail, une vie nouvelle, un avenir, alors que tant de jeunes gens sont morts pour avoir osé revendiquer un avenir dans leur propre pays ? Peut-on trouver un chez-soi, ailleurs ?</p>
<p>C’est sur ces questions que je conclue cet article, avec des vers composés par le poète palestinien Mahmoud Darwich, que l’on pourrait traduire ainsi :</p>
<p><em>J’ai donné ma photo à ma bien aimée<br />« Si je meurs, accroche-la au mur »<br />Elle m’a demandé : « Où y a-t-il un mur ? »<br />J’ai répondu : « Nous allons en élever un »<br />« Où, dans quelle maison ? »<br />« Nous allons construire une maison ».<br />« Où ; où donc en exil ? »</em></p>
<p>&nbsp;</p>
<p><a href="http://monde-arabe.arte.tv/wp-content/uploads/Razan_Artikel.jpg"><img title="Razan_Artikel" src="http://monde-arabe.arte.tv/wp-content/uploads/Razan_Artikel.jpg" alt="" width="600" height="564" /></a></p>
<p><em>Photo : Syrie, graffiti anonymes : « Un pays ce n’est pas comme un hôtel sur lequel on fait une croix quand le service n’est plus à la hauteur – Nous ne renoncerons pas ».</em></p>
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<p> <strong><em><a href="../category/journal-2-0/syrie-blog-rima-marrouch/"> </a><a href="../wp-content/uploads/picto_lien32.gif"><img class="alignleft" title="picto_lien" src="../wp-content/uploads/picto_lien32.gif" alt="" width="30" height="30" /></a></em><em><a href="../category/journal-2-0/syrie-blog-rima-marrouch/">Suivez le blog &laquo;&nbsp;Sur les murs de Syrie&nbsp;&raquo; avec Rima Marrouch et Razan Ghazzawi </a></em></strong></p>
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<p><strong><a href="http://monde-arabe.arte.tv/wp-content/uploads/razan2.jpg"><img class="alignleft" title="razan" src="http://monde-arabe.arte.tv/wp-content/uploads/razan2.jpg" alt="" width="180" height="234" /></a>Razan Ghazzawi </strong>est agée de 32 ans. Cette bloggeuse syrienne basée à Damas, est une active défenseur des droits de l’homme dans sa Syrie natale mais aussi dans tout le monde arabe et au-delà.</p>
<p>Elle a été arrêtée et emprisonnée à deux reprises sous le régime syrien et son procès militaire est actuellement en cours. Razan Ghazzawi est diplômée de littérature anglaise et titulaire d’un master en littérature comparée à l’université Balamand depuis 2011. Elle a démarré son blog sous le pseudonyme de « Golaniya » il y a 7 ans, mais a choisi de reprendre sa véritable identité il y a 5 ans. En 2012, on lui a décerné le prix Front Line Defenders pour la protection des défenseurs des droits humains : <a href="http://www.frontlinedefenders.org/front-line-award-human-rights-defenders-risk">http://www.frontlinedefenders.org/front-line-award-human-rights-defenders-risk</a></p>
<p><a href="http://monde-arabe.arte.tv/wp-content/uploads/picto_lien38.gif"><img class="alignleft" title="picto_lien" src="http://monde-arabe.arte.tv/wp-content/uploads/picto_lien38.gif" alt="" width="30" height="30" /></a>Vous pouvez suivre Razan sur <a href="https://twitter.com/#%21/search/RedRazan" target="_blank"><em>Twitter</em></a> et lui écrire sous <a href="https://twitter.com/RedRazan">@RedRazan</a>, ou sur son blog: <a href="http://razanghazzawi.org/">razanghazzawi.org</a></p>
<p><em><a href="http://www.facebook.com/EverydayRebellion" target="_blank"><br /></a></em></p>
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		<title>Rima Marrouch : « Une jeune Syrienne confrontée à un dilemme, entre famille et révolution »</title>
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		<pubDate>Tue, 25 Sep 2012 14:23:09 +0000</pubDate>
		<dc:creator>st-multimedia</dc:creator>
				<category><![CDATA[Sur les murs de Syrie - Blog]]></category>
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		<description><![CDATA[C’est en Turquie, à Antakya, dans un petit restaurant au cœur de la vieille ville – l’ancienne Antioche &#8211; que j’ai recueilli le témoignage de Loubna Mrie. A priori, avec sa chevelure bouclée, ses bras dénudés, un simple keffieh posé sur les épaules, elle pourrait facilement se fondre dans n’importe quel campus ou paysage urbain [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><strong>C’est en Turquie, à Antakya, dans un petit restaurant au cœur de la vieille ville – l’ancienne Antioche &#8211; que j’ai recueilli le témoignage de Loubna Mrie. A priori, avec sa chevelure bouclée, ses bras dénudés, un simple keffieh posé sur les épaules, elle pourrait facilement se fondre dans n’importe quel campus ou paysage urbain du monde. Mais Mrie est loin d’être une jeune femme lambda. Elle est confrontée à un dilemme depuis que l’insurrection a commencé à déchirer son pays et sa famille.<span id="more-21929"></span></strong></p>
<p>Elle a compris qu’elle était en danger le jour où son père, haut responsable des services de renseignement de l’armée de l’air, a émis un mandat d’arrêt contre elle. C’est sa mère qui l’a prévenue par téléphone : <em>« Sauve-toi d’ici immédiatement. Ton nom sera bientôt sur les listes de tous les checkpoints»</em>.</p>
<p>Sa mère, qui soudain a disparu au mois d’août. Mrie pense avoir été identifiée sur le web par une vidéo qui la montre en compagnie de combattants rebelles syriens, ce qui a déclenché l’arrestation de sa mère par les forces de sécurité syriennes.</p>
<p>Après de nombreuses tentatives, elle a fini par joindre sa mère par téléphone. <em>« Elle m’a dit qu’elle devait se faire opérer, que je devais revenir à la maison. Ca n’avait aucun sens, parce que c’est elle justement qui avait insisté pour que je quitte le pays »</em>.</p>
<p>Mrie a beau être issue d’une famille alaouite influente et riche, elle a rejoint les rangs de la protestation, devenant ainsi une paria aux yeux de son propre milieu, tant familial que social. Elle a quitté le centre de Damas pour continuer à défendre la cause des protestataires dans le quartier de Barzeh, l’un des fiefs de la rébellion anti-gouvernementale.</p>
<p><em>« J’ai fini par réaliser que des gens de ma propre obédience étaient parfaitement capables de me tirer dessus »</em> dit-elle. <em>« C’est arrivé le 9 novembre 2011. On était en train de manifester à Barzeh quand des Chabiha d’une ville alaouite voisine sont arrivés et ont ouvert le feu. Ils ont tué neuf hommes jeunes, dont un, qui est mort sous mes yeux. J’ai réussi à me cacher. Je n’arrêtais pas de me demander : s’ils avaient su que j’étais alaouite, est-ce qu’ils m’auraient prise pour cible moi aussi ? »</em></p>
<p>Dans cette société de plus en plus polarisée, Mrie pense que le sectarisme en Syrie est entretenu par le silence dont il fait l’objet. Quand Mrie brandissait son mégaphone au cours d’une manifestation, elle se présentait toujours à la foule en tant qu’alaouite. Ce à quoi les participants répondaient en général par un slogan prônant l’unité du peuple syrien.</p>
<p><em>« Les principes d’Hafez el-Assad ont fait mouche»</em> dit-elle. <em>« Mais nous avons fait fausse route en admettant qu’il ne fallait pas parler des sectes. Les gens ici n’arrêtent pas de dire que nous sommes tous des Syriens, que c’est ça qui compte, et pas notre obédience d’origine. C’est très bien tout ça, mais il faut que les minorités soient représentées dans la rue ».</em></p>
<p>Elle estime que les enfants de Syrie ne devraient pas être victimes de représailles héritées du passé, et au même titre, elle pense que sa mère ne devrait pas être incarcérée au nom d’idéaux. Elle a d’ailleurs démarré une campagne pour obtenir la libération de sa mère et contacté la presse.</p>
<p><em>« Elle ne mérite pas d’être emprisonnée simplement parce qu’elle m’a élevée dans un esprit de justice sociale et d’empathie envers mon peuple»</em>, dit-elle.</p>
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<p><em> Photo: La photo a été prise en avril 2012 à Amudah, Qameshli, avant la manifestation de vendredi. Mrie porte non seulement le drapeau syrien, mais aussi le drapeau kurde autour de ses épaules.<br /></em></p>
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<p><strong><em><a href="../category/journal-2-0/syrie-blog-rima-marrouch/"> </a><a href="../wp-content/uploads/picto_lien32.gif"><img class="alignleft" title="picto_lien" src="../wp-content/uploads/picto_lien32.gif" alt="" width="30" height="30" /></a></em><em><a href="../category/journal-2-0/syrie-blog-rima-marrouch/">Suivez le blog &laquo;&nbsp;Sur les murs de Syrie&nbsp;&raquo; avec Rima Marrouch et Razan Ghazzawi </a></em></strong></p>
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<p><strong title="rima_bio150"><img class="alignleft" title="rima_bio150" src="../wp-content/uploads/rima_bio150.jpg" alt="" width="150" height="150" /></strong></p>
<p><strong>Rima Marrouch</strong> est une journaliste syro-polonaise indépendante. Elle a grandi à Homs dans les années 90, lorsque la ville était encore un endroit paisible. Elle écrit des reportages sur la Libye et sur la Syrie pour le <em><a href="http://www.latimes.com/" target="_blank">LA Times</a></em>. Elle a également travaillé pour le <em>« <a href="http://cpj.org/mideast/" target="_blank">Committee to Protect Journalists/Middle East and North Africa Program</a> »</em>. Aujourd’hui, elle est basée à Beyrouth, au Liban.</p>
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<p> <a href="../wp-content/uploads/picto_lien32.gif"><img class="alignleft" title="picto_lien" src="../wp-content/uploads/picto_lien32.gif" alt="" width="30" height="30" /></a>Vous pouvez suivre Rima sur<em> <a href="https://twitter.com/RimaMarr" target="_blank">Twitter</a></em> et lui écrire sous @ RimaMarr</p>
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<p><em> © photo Rima Marrouch : <a href="http://www.facebook.com/EverydayRebellion" target="_blank">Everyday Rebellion</a></em>, un projet cross-media sur la lutte non-violente dans le monde ; coproduit par ARTE</p>
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		<title>Razan Ghazzawi : « Comment à Damas, les révolutionnaires pacifistes sont devenus des militants humanitaires. »</title>
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		<pubDate>Wed, 19 Sep 2012 13:06:03 +0000</pubDate>
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				<category><![CDATA[Sur les murs de Syrie - Blog]]></category>
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		<description><![CDATA[« Avant la rentrée, le régime a fait évacuer les écoles occupées par des réfugiés. Que vont devenir ces personnes qui ont perdu leurs logements dans les bombardements orchestrés par le régime ? On se sent totalement démuni face à ce genre de situation. A Duma, dans la périphérie de Damas, certaines familles survivent avec [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><strong><em>« Avant la rentrée, le régime a fait évacuer les écoles occupées par des réfugiés. Que vont devenir ces personnes qui ont perdu leurs logements dans les bombardements orchestrés par le régime ? On se sent totalement démuni face à ce genre de situation.<em> </em><span id="more-21669"></span> </em></strong></p>
<p><em><em></em>A Duma, dans la périphérie de Damas, certaines familles survivent avec 20 dollars par mois ! Hafez el Assad promet de faire des concessions, parfait ! Ces citoyens syriens ne sont-ils pas sans abri à cause de lui ? Le gouvernement syrien a manqué à tous ses devoirs envers ses citoyens. Au lieu de cela, il leur fait la guerre. »</em></p>
<p>Ruba est employée d’une ONG humanitaire en Syrie. Elle explique que l’évolution tragique de la situation que vivent les réfugiés a poussé de nombreux révolutionnaires pacifistes à se convertir en militants humanitaires :</p>
<p><em>«  Le régime crée une crise humanitaire à dessein et laisse le soin aux militants d’y trouver des solutions. »</em></p>
<p>Aux dires des <a href="http://www.nytimes.com/2012/09/12/world/middleeast/relief-crisis-grows-as-refugees-stream-out-of-syria.html?_r=1" target="_blank">organisations humanitaires internationales</a>, en Syrie, deux millions de personnes manquent de l’essentiel. Récemment, une mission des Nations Unies à Homs a estimé que plus d’un demi million de personnes avaient besoin d’aide sous forme de soins médicaux, de nourriture et d’eau. <a href="http://www.lccsyria.org/category/relief-work/reports-relief-work" target="_blank">Le rapport de juillet 2012</a> du Comité de Coordination Locale montre que les dons proviennent de citoyens syriens. On peut légitimement se demander si les promesses des organisations humanitaires internationales ou des soi-disant <a href="http://en.wikipedia.org/wiki/Friends_of_Syria_Group" target="_blank">« Amis de la Syrie »</a> vont être tenues.<br />Ruba reverse tous les mois une partie de son salaire, mais elle se sent toujours désarmée face aux si nombreuses familles dans le besoin. Nous avons évoqué le lien de plus en plus évident qui s’établit entre le statut social des individus et leur rôle dans la révolution. La plupart du temps, les militants humanitaires sont issus de la classe moyenne, tandis que les révolutionnaires sont plutôt de la classe ouvrière.</p>
<p><em>«  La classe moyenne a prospéré grâce à la famille Assad. Nous avons bénéficié de nouvelles infrastructures, notre situation économique s’est améliorée, mais cela s’est fait aux dépens de la classe ouvrière. Les gens qui mènent actuellement cette révolution sont les laissés-pour-compte de ce régime. Ils ont perdu leurs emplois et sont hébergés dans des jardins ou dans des écoles, en fonction de l’aide que nous avons pu leur apporter, nous, les classes moyennes. Notre rôle dans cette révolution est totalement différent du leur. Nous avons des privilèges, et énormément à perdre, eux non. Nous ne sommes que des hypocrites. »</em> Ruba repose la tête contre le dossier du canapé et observe les gouttes de condensation se former autour du climatiseur dans son salon.</p>
<p>Omar, qui était très présent lors des manifestations et dans les comités révolutionnaires, est devenu militant humanitaire lorsque la révolution s’est armée. Il vient juste d’être libéré par les<a href="http://en.wikipedia.org/wiki/Air_Force_Intelligence_Directorate" target="_blank"> services secrets syriens</a> après avoir été torturé et coupé du monde pendant deux mois et demi.</p>
<p><em>« J’ai mis du temps à réaliser que la situation sécuritaire s’était dégradée, surtout depuis l’attentat de la <a href="http://www.aljazeera.com/news/middleeast/2012/07/20127189355415804.html" target="_blank">Cellule de Gestion de Crise</a> en juillet. Les contrôles sont devenus insupportables, les raids et les arrestations sont incessants, lors de chaque détention, on <a href="http://www.amnesty.org/en/news/syria-detained-medics-killed-brutal-bid-silence-dissent-2012-06-26" target="_blank">risque sa vie</a>. Avant je pouvais acheter du riz et du sucre en grandes quantités pour aider les familles de réfugiés, personne n’y prêtait attention, maintenant, ce n’est plus possible. »</em> Omar tire sur sa cigarette et se frotte le front. <em>« J’ai arrêté de travailler parce que je ne veux plus être arrêté ; pas pour avoir acheté du riz. »</em></p>
<p>De nombreux militants pacifistes ont l’impression que le régime souhaite précisément qu’ils se consacrent à l’humanitaire plutôt qu’à la révolution. Pour Ruba, Omar et bien d’autres, il apparaît évident que le militantisme humanitaire n’est plus désormais une démarche individuelle volontaire, mais bien un acte institutionnel. Les Syriens se battent seuls contre la pire dictature militaire de la région. Peut être le monde, et plus particulièrement les pays et les personnes qui craignent <a href="http://stream.aljazeera.com/story/fractured-revolution-0022335" target="_blank">l’Armée Syrienne Libre</a>, pourrait-il intervenir pour endiguer cette crise humanitaire ? Cela permettrait enfin de raviver l’aspect pacifique de cette révolution.</p>
<p>Note :  Tous les noms mentionnés dans l’article ont été changés pour garantir la sécurité des personnes interrogées.</p>
<p><em>Photo :  Un groupe de Syriens qui  fuit la violence dans son pays, se dirige vers la frontière turque, aux environs de Reyhanli. (AP)</em></p>
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<p><strong><a href="http://monde-arabe.arte.tv/wp-content/uploads/razan2.jpg"><img class="alignleft" title="razan" src="http://monde-arabe.arte.tv/wp-content/uploads/razan2.jpg" alt="" width="180" height="234" /></a>Razan Ghazzawi </strong>est agée de 32 ans. Cette bloggeuse syrienne basée à Damas, est une active défenseur des droits de l’homme dans sa Syrie natale mais aussi dans tout le monde arabe et au-delà.</p>
<p>Elle a été arrêtée et emprisonnée à deux reprises sous le régime syrien et son procès militaire est actuellement en cours. Razan Ghazzawi est diplômée de littérature anglaise et titulaire d’un master en littérature comparée à l’université Balamand depuis 2011. Elle a démarré son blog sous le pseudonyme de « Golaniya » il y a 7 ans, mais a choisi de reprendre sa véritable identité il y a 5 ans. En 2012, on lui a décerné le prix Front Line Defenders pour la protection des défenseurs des droits humains : <a href="http://www.frontlinedefenders.org/front-line-award-human-rights-defenders-risk">http://www.frontlinedefenders.org/front-line-award-human-rights-defenders-risk</a></p>
<p><a href="http://monde-arabe.arte.tv/wp-content/uploads/picto_lien38.gif"><img class="alignleft" title="picto_lien" src="http://monde-arabe.arte.tv/wp-content/uploads/picto_lien38.gif" alt="" width="30" height="30" /></a>Vous pouvez suivre Razan sur <a href="https://twitter.com/#%21/search/RedRazan" target="_blank"><em>Twitter</em></a> et lui écrire sous <a href="https://twitter.com/RedRazan">@RedRazan</a>, ou sur son blog: <a href="http://razanghazzawi.org/">razanghazzawi.org</a></p>
<p><em><a href="http://www.facebook.com/EverydayRebellion" target="_blank"><br /></a></em></p>
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